Lundi 30 mars 2015 à 20h00

SORTIS DE L’OUBLI 2015 03 30

Giuseppe VERDI : Quatuor en mi mineur
Bedrich SMETANA : Quatuor n° 1 en mi mineur
« De ma vie »

Quatuor Darius :
Fabien MASTRANTONIO
Alexandre DALBIGOT, violons
Vincent CAZANAVE-PIN, alto
Vincent POUCHET, violoncelle

Dans une lettre d’avril 1878, à 54 ans, Bedřich Smetana explique le contenu du Quatuor à cordes « De ma vie », composé en 1876, alors qu’il est frappé d’une surdité totale depuis l’été 1874 :

Ce que j’ai voulu faire, c’est retracer en musique le déroulement de ma vie. Premier mouvement : goût pour l’art dans ma jeunesse, atmosphère romantique, nostalgie indicible… Parallèlement s’annonce dès ce prologue l’avertissement du malheur futur, cette note de mi, du finale : c’est ce funeste sifflement strident qui s’est déclenché dans mes oreilles en 1874, marquant le début de ma surdité. Le deuxième mouvement, quasi polka, me transporte à nouveau dans le tourbillon joyeux de la jeunesse alors que je composais une foule de danses tchèques et que j’avais moi-même une réputation de danseur infatigable… Le troisième mouvement, largo sostenuto, est une réminiscence de mon premier amour pour une jeune fille qui devint plus tard ma chère épouse. Le quatrième mouvement : prise de conscience de la force réelle d’une musique nationale, joie de constater que le chemin pris conduit jusqu’au succès, jusqu’au moment de l’interruption brutale provoquée par la catastrophe ; début de la surdité, perspective d’un triste avenir, un très faible espoir d’amélioration, et, pour conclure, un sentiment profondément douloureux. Tel est, résumé, le contenu de cette composition qui a, en quelque sorte, un caractère privé et, pour cette raison, a été intentionnellement écrite pour un nombre limité d’instruments, le quatuor à cordes ; ils doivent s’entretenir, comme on le ferait dans un cercle d’amis, de faits qui ont une véritable importance. Rien de plus.

L’unique Quatuor à cordes de Giuseppe Verdi est lui aussi une œuvre née dans l’intimité d’un cercle d’amis, une autre introspection. En 1871, bloqué à Naples dans une production lyrique, Verdi compose un quatuor puis le « fait jouer un soir chez [lui] sans y attacher la moindre importance et sans avoir envoyé d’invitations. Il n’y avait là que sept ou huit personnes, des habitués de la maison. Que le quatuor soit beau ou laid [il] ne sait pas… Tout ce qu’[il] sait, c’est que c’est un quatuor ! »
Ces deux œuvres uniques en leur genre dans le corpus des deux compositeurs sont réunies ce soir pour mettre en lumière la richesse du quatuor à cordes, la familiarité des instruments entre eux, mais aussi leur individualité propre. Elles prennent enfin la parole et sortent de l’oubli.

2015 03 30

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