Saison 2010 – 2011

Comme en 14… ou comme déjà en (18)70.

De loin comme de près, la 11ème saison des « Clefs de Saint-Pierre » ressemble à ces querelles de clochers, à ces (mauvais) souvenirs d’affrontements nationalistes qui ont émaillé l’histoire de l’art et de la musique, particulièrement et férocement au tournant des XIX et XX ème siècles. Fallait-il défendre à tout prix la musique française contre les attaques des canons (dans tous les sens de ce terme si ambigu) allemands ? Pouvait-on admirer autant, mais pour des raisons différentes, Schumann et Chabrier ? Berlioz, compositeur romantique, assumait pleinement sa dette envers Weber, Beethoven et Goethe. Sa mort en 1869 correspondra, sur fond de conflits armés, à un déchaînement de passions esthétiques. Beethoven et Wagner, boucs émissaires autant qu’agresseurs fantasmés, divisaient quotidiennement les plus brillantes étoiles de « l’esprit français ». Baudelaire et Debussy n’y ont pas échappé.
Avec le recul, la situation n’apparaît pas aussi brûlante qu’elle le fut, même si la délicate question de la dimension « nationale » voire « nationaliste » d’un texte musical reste et restera toujours d’actualité. En guise de spectateurs quelques « étrangers » à la dispute (Vivaldi, Salzedo, Crumb…) se sont invités, le 23 mai, pour apprécier le savoir-faire de la boulangerie Jolivet et goûter ses célèbres flûtes et baguettes !

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